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Rétrospective 2021 : Level 256 revient sur les grands enjeux de l'esport de l'année (Partie 1)

L’année 2021 vient de s’achever avec son lot d’évolutions et de polémiques dans le secteur esportif. Tout au long de l’année, des articles sur des thématiques précises vous ont été proposés (que vous pouvez retrouver ici), afin de vous acculturer à ce secteur et d’en savoir un peu plus sur les perspectives de développement de l’esport. Nos partenaires, en complément de ces articles, ont reçu de manière mensuelle tout au long de l’année des veilles analytiques sur les sujets d’actualité, en exclusivité. En accord avec eux aujourd’hui, nous vous dévoilons une partie non-exhaustive de ces veilles pour vous immerger dans le secteur esportif. Une année complète d’esport : le bilan de l’année 2021 dressé par Level 256 en deux parties : bonne lecture !

Pour bien débuter cette nouvelle année, nous avons donc décidé chez Level 256 de vous dresser un panorama des grands enjeux et évolutions qui ont fait l’esport en 2021, pour mieux comprendre les tendances 2022 : un petit cadeau pour la nouvelle année !

Que s’est-il passé dans l’univers de l’esport cette année ? Quels ont été les grands sujets, les avancées et les problématiques posées par l’actualité au cours de ces 12 derniers mois ? Avec son caractère numérique, l’esport est forcément à la croisée des chemins des dernières évolutions technologiques. Secteur innovant, ce dernier a cette année montré tout son potentiel au travers de nombreuses questions à l’image du sort des NFT et du rôle des cryptomonnaies, influençant a fortiori le développement économique du secteur avec de nouvelles stratégies de plus en plus tournées vers le divertissement et la culture. Ces technologies émergentes et ces évolutions économiques ont entraîné de nombreux questionnements juridiques, notamment en termes de droit de la concurrence mais aussi concernant la responsabilité des acteurs en cas de problèmes techniques. Mais surtout, l’esport aura encore une fois cette année mis les joueurs et les équipes professionnelles au cœur du développement du secteur. Dès lors, les perspectives pour l’année 2022 semblent florissantes, d’autant plus que la politique concernant la place de l’esport dans les grands événements sportifs évolue.

 

L’esport, terrain de jeu aux possibilités multiples pour les nouvelles technologies et les innovations

L’esport mobile commence doucement à se faire une place sur le marché, créant avec lui de nombreux enjeux.

1. L’essor du jeu mobile : les éditeurs à la conquête de l’Ouest !

Le jeu mobile PUBG continue son expansion esportive en Asie, non sans déplaire à son public régional. Cependant, ce dernier rencontre moins de succès en Europe ou aux Etats-Unis, problématique à laquelle le patron de l’éditeur du jeu souhaite pallier. Comment ? En développant notamment de nouveaux plans pour la croissance de son jeu, et notamment des ligues professionnelles régionales. En effet, même si de plus en plus l’Ouest parle de jeux mobiles, ces derniers connaissent certaines difficultés à rencontrer le succès escompté malgré l’augmentation des audiences notamment lors des derniers tournois organisés. En régionalisant les ligues, le patron de PUBG entend bien pallier ce problème. Amérique du Nord, Brésil, Turquie, Europe Occidentale… L’esport mobile arrivera-t-il à avoir le même succès en Europe et en Amérique qu’en Asie ? On décrypte cette conquête de l’Ouest !

 

 

Egalement, les NFT et les cryptomonnaies s’immiscent dans ce secteur numérique et compétitif, faisant croître l’engagement des fans de manière exponentielle.

2. Cryptomonnaies, NFT et esport : Je t’aime… Moi non plus !

Les cryptomonnaies sont un phénomène sur lequel surfent beaucoup d’entités différentes, dans l’esport mais aussi de manière plus générale. Par leurs aspects ubiquitaire, dématérialisé et sécurisé, les cryptomonnaies séduisent de plus en plus de sociétés et l’esport ne déroge pas à cette règle ! L’actualité esportive d’ailleurs nous le fait bien comprendre : qui a pu passer à côté du partenariat le plus cher de l’histoire de l’esport ? 210 millions de dollars sur 10 ans, entre la plateforme d’échange de cryptomonnaies FTX et la structure nord-américaine TSM ! Au regard de ce partenariat fructueux, de plus en plus de partenariats se créent entre des entreprises spécialisées dans les cryptomonnaies et des acteurs esportifs, à l’instar de l’équipe européenne Fnatic qui a conclu un partenariat avec Crypto.com. Outre ces contrats, d’autres entreprises innovent. C’est le cas de la structure indienne Stalwart qui rémunère ses joueurs professionnels en cryptomonnaies ! Quels sont les avantages et les limites des liens entre cryptomonnaies et esport ? On décrypte ci-dessous !

Les cryptomonnaies sont éminemment liées aux NFT, les « non-fungible tokens ». Qu’est-ce que réellement un NFT ?

 

 

De nouveaux modèles se créent alors, si bien que l’esport n’est plus seulement une compétition de jeux vidéo mais développe de plus en plus un univers à part entière, engendrant la question du metaverse.

3. Esport et metaverse : Un nouvel Oasis à la Ready Player One ?

En fin d’année 2021, Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, annonçait le changement du nom du célèbre réseau social pour pousser les limites de la socialisation virtuelle encore plus loin. Meta, nouveau nom choisi par le patron du célèbre GAFAM, passe de la dimension de simple réseau social à un métavers (ou metaverse en anglais). Univers virtuel dont tout le monde parle et dans lequel les investisseurs du monde entier souhaitent investir, l’idée d’un metaverse n’est pourtant pas nouvelle. Cependant, les développements des nouvelles technologies immersives s’améliorent à grande vitesse et il se pourrait bien que le métavers de Ready Player One ne soit pas si loin que ça. Ernest Cline n’était donc pas fou lorsqu’il imaginait l’Oasis et l’implication du jeu vidéo dans le développement du métavers : mais pour quelles opportunités pour l’esport ? Jusqu’à quel point ces technologies immersives peuvent-elles aller ? On décrypte si cela vous intéresse !

 

 

Les évolutions technologiques, aussi nombreuses soient-elles, tendent toutes vers de nouveaux modèles économiques emportant une réflexion particulière quant aux stratégies à adopter.

 

L’esport, un développement économique progressif et des perspectives tournées vers le divertissement de plus en plus prégnantes

La question du metaverse évoquée précédemment rapproche l’esport d’un univers vidéoludique et totalement dématérialisé à la Ready Player One. Développant des perspectives incroyables quant à la diversification des activités et des revenus, nombre d’éditeurs à l’image de Riot Games se tournent vers cette stratégie.

4. Diversification des acteurs vers le Divertissement : le study-case Riot Games

Arcane, c’est quoi ? Non… A dire vrai, cette question n’est pas réaliste. La nouvelle série co-produite par les studios Riot Games et Fortiche (studio français, cocorico) a fait une entrée fracassante sur la plateforme de streaming Netflix, si bien que personne (ou presque) n’a pu passer à côté de ce phénomène. Un univers particulier et fascinant, une direction artistique et des graphismes à couper le souffle, une bande originale très bien pensée, nul doute : la série Arcane ravit les fans du jeu, mais aussi tous les passionnés d’animés. Peu importe que le spectateur connaisse le jeu League of Legends, ce dernier arrive à s’y retrouver. Preuve en est : les premiers chiffres sont sortis et le succès est massif. En effet, la série a dépassé rapidement le phénomène Squid Game, sorti quelques semaines auparavant. Cette immersion dans l’univers cinématographique de la part de l’éditeur du jeu League of Legends ne date cependant pas d’hier puisque ce dernier pivote depuis quelques temps d’une stratégie basée uniquement sur les compétitions de son jeu à une stratégie plus ouverte culturellement parlant : nouveaux jeux, séries, partenariats… La stratégie de Riot Games avec Arcane a-t-elle de beaux jours devant elle ? On décrypte cette tendance !

 

 

Outre ce rapprochement avec le divertissement, l’année 2021 a vu la question des droits médias dans l’esport prendre un tout autre tournant avec une évolution importante des spectateurs-types.

5. L’évolution du viewership dans l’esport, ou le nouveau tournant des droits médias

Le 26 juillet 2021 sonnait la date du premier grand événement physique de la scène esportive française depuis le début de la crise sanitaire. Pour l’occasion, le Palais des Congrès a été loué par la Karmine Corp, équipe faisant sensation sur League of Legends, détenue par Kameto et Prime, pour que les supporters de l’équipe puissent assister au Classico Solary / Karmine Corp. Un show scénique, des annonces de nouveaux partenariats, l’arrivée de l’équipe sur un nouveau jeu et un concert de Prime pour mettre l’ambiance à un Palais des Congrès heureux de retrouver la chaleur des événements physiques étaient organisés. En parallèle des événements physiques de plus en plus fréquents, les audiences de l’esport ne cessent de croître laissant apparaître de nouvelles perspectives. Toutefois, le retour de ces événements physiques peut-il présager une diminution de l’audience de streaming ? 

Ces évolutions font prendre alors un tournant à la question des droits médias dans l’esport.

Début novembre 2021, la finale des championnats du monde de League of Legends s’est tenue en Islande et à huis clos, conditions sanitaires obligent. Cependant, afin d’assurer aux fans de la licence et aux supporters des deux équipes un événement inédit, Riot Games, éditeur du jeu, a fait en sorte que la grande finale soit diffusée dans plusieurs cinémas partout dans le monde ! Au total donc, ce sont plus de 70 cinémas à travers l’Europe qui ont été concernés, en plus des plateformes de streaming très sollicitées également pour l’occasion. Le cinéma est cependant un nouveau moyen d’engager les fans et de se rassembler autour de tels événements et les supporters de EDG ont pu admirer le sacre de leur équipe, ensemble et dans une ambiance proche de celle d’un stade rempli. Ce n’est pas la première fois que des cinémas prennent le parti d’accueillir des fans d’esport pour des grands événements, mais alors quels sont les enjeux autour des droits de diffusion en la matière ? On analyse ces questions ci-dessous !

 

 

Cette évolution des spectateurs d’esport et ces nombreuses questions quant aux droits médias engendrent donc des problématiques quant aux droits de propriété intellectuelle, nombreux dans l’esport.

6. Les droits de propriété intellectuelle dans le streaming et l’esport : un enjeu juridique mais surtout économique

L’esport est en pleine expansion et avec lui évidemment, le streaming explose. Pratique exclusivement (ou presque) diffusée sur internet, de nombreux professionnels du secteur ou du droit appellent de plus en plus à un encadrement des revenus générés par le streaming, voire demandent un réel encadrement comme cela se fait pour les droits médias du sport. Entre droit de l’audiovisuel, droit des nouvelles technologies de l’information et de la communication et droit du sport, l’esport doit trouver sa place à l’heure où la diffusion sur Internet fait face à de nombreuses problématiques. Dans un article détaillé, l’avocat William Mak expose les nombreux enjeux et les différentes problématiques concernant les revenus générés par la diffusion de l’esport et les droits de propriété intellectuelle, explorant les différentes pistes possibles pour, pourquoi pas, se tourner vers un droit de la propriété intellectuelle spécifique à l’esport. Est-ce la bonne solution ? Réponse ci-dessous !

 

 

Ces enjeux économiques ne sont pas sans questionner le cadre juridique de la pratique esportive. En effet, ces deux problématiques sont éminemment liées, dans tout secteur mais plus particulièrement dans l’esport, secteur dans lequel tous les aspects se développent conjointement et où le développement économique ne se pérennisera pas sans un cadre juridique clair et adapté.

 

L’esport, un développement nécessitant un cadre juridique clair et adapté aux enjeux sectoriels

Avec son lot d’évolutions technologiques et économiques propres au secteur et à son caractère dématérialisé, la nécessité d’un cadre juridique clair et adapté devient une priorité de plus en plus importante, notamment au regard des enjeux concurrentiels entourant les droits médias et l’encadrement du streaming.

7. Les pratiques anti-concurrentielles des acteurs du secteur surveillées par la Commission !

Le secteur du gaming est économiquement un secteur très intéressant pour les acteurs endémiques. Des sommes d’argent très élevées sont en jeu et chaque acteur souhaite sa part du gâteau, quitte à bloquer certaines ventes géographiquement. Un blocage géographique qui ne plaît pas à l’Union Européenne ! La Commission Européenne a condamné cette année Valve via sa plateforme Steam mais aussi Bandai Namco, Capcom, Focus Home, Koch Media et ZeniMax à une amende de 7,8 millions d’euros pour avoir appliqué des blocages géographiques sur la vente de jeux vidéo au sein de l’Espace Economique Européen (EEE). En géobloquant ces clés, ces éditeurs ont empêché les joueurs vivant dans des pays européens dans lesquels ces clés étaient moins chères, ce qui enfreint les règles du marché unique numérique de l’Union Européenne. Plus d’explications ci-après ! 

 

 

Aux pratiques anti-concurrentielles s’ajoutent les questions sur les paris esportifs, lourdement réglementés (et à juste titre) dans le sport. Ces derniers sont à l’heure actuelle interdits en France. Pourtant, un bon encadrement pourrait faire valoir son efficacité, comme cela est le cas dans plusieurs Etats dans le monde.

8. Les paris esportifs : enjeu économique clé nécessitant une régulation forte

Les paris, de manière générale, font l’objet de nombreux débats quotidiens. Que cela soit en termes de sport et encore plus, en termes d’esport. Les paris sportifs sont autorisés selon certaines conditions très strictes imposées par les autorités françaises et sous réserve d’obtenir un agrément. Mais avec le confinement, les compétitions sportives ayant été annulées, il a fallu innover. Bon nombre de fans de sport se sont alors tournés vers les paris esportifs, interdits en France car rattachés au régime des jeux d’argent et de hasard. La légalisation de ces paris étant très demandée par les fans d’esport depuis longtemps, le gouvernement français ne s’en est toujours pas saisi, faisant naître certaines problématiques, et notamment la prise de paris à l’étranger car de nombreux pays européens autorisent ces derniers. En effet, légaliser le pari esportif serait une nouvelle source de revenus pour l’écosystème, mais beaucoup de polémiques sur les matchs truqués entre autres engendrent quelques réticences sur le sujet. Quel est donc l’avenir des paris esportifs en France ? 

Les Etats-Unis semblent d’ailleurs être un nouvel Eldorado prometteur pour les paris esportifs.

En France, les paris esportifs sont encore à l’heure actuelle interdits. Mais cela n’est pas le cas dans le reste du monde ! Même si certains pays sont encore réticents à légaliser la pratique du pari (esportif ou sportif), d’autres capitalisent sur ces derniers pour trouver de nouvelles opportunités. C’est notamment le cas aux Etats-Unis où le pari esportif est autorisé, et notamment dans un Etat : le Nevada. En effet, la crise sanitaire a fait évoluer plus rapidement que prévu les tendances et il se trouve que des arènes d’esport se montent dans la ville des jeux d’argent, Las Vegas. Outre les arènes qui se créent aux abords des casinos, les sites de paris esportifs américains se lancent également dans les jeux de casino en ligne. Il se pourrait donc que les casinos, antres des jeux d’argent traditionnels, misent sur les paris esportifs pour atteindre un public plus jeune, avec en conséquence de nombreux risques à souligner. Les Etats-Unis seraient-ils l’eldorado du développement du pari esportif ? On analyse les évolutions !

 

 

Enfin, cette année a été marquée par l’apparition de nombreux problèmes techniques lors de compétitions, l’occasion de poser la question de la responsabilité des intermédiaires techniques et plus généralement des acteurs du secteur.

9. La responsabilité des intermédiaires techniques lors des compétitions d’esport, une responsabilité partagée

Début mars 2021 se tenait l’une des compétitions les plus attendues sur le jeu Fortnite : les Heats des Fortnite Championship Series (FNCS) de la Saison 5 du Chapitre 2, en trio. De nombreux joueurs francophones étaient présents et faisaient partie des favoris mais seulement 12 d’entre eux ont été qualifiés pour la finale suite à certaines mésaventures. En effet, à partir de la deuxième série, des soucis de connexion avec l’opérateur Orange sont apparus. Certains joueurs se faisaient déconnecter en pleine partie, d’autres ne pouvaient pas se connecter tout court, comme le relate cet article de Dexerto. La plainte étant remontée à l’éditeur Epic Games, ce dernier a malgré tout refusé de faire rejouer les Heats. Ces problèmes de connexion arrivent malheureusement fréquemment à distance et cela est amplifié par la crise sanitaire. Mais quelle est ainsi la responsabilité des différents intervenants ? L’éditeur aurait-il dû faire rejouer les Heats pour garantir l’équité des compétitions ? Les joueurs peuvent-ils être jugés responsables ? On décrypte toutes ces questions !


Lire l’article « Pour aller plus loin » sur la responsabilité des intermédiaires techniques

Les intermédiaires techniques ne sont pas les seuls responsables en cas de problématique lors d’une compétition. Les joueurs ont également leur part à prendre, ces derniers étant au premier rang de l’écosystème.

Mais un peu de patience… Nous vous dévoilerons la suite de l’article très prochainement ! On se retrouve à la fin du mois pour la suite et fin des grands enjeux de l’esport en 2021 !

 

Articlé rédigé par Emeline Guedes