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Champerché, une agriculture urbaine engagée pour la résilience alimentaire de nos territoires

#Startup

Fondée en 2017, Champerché est une startup agricole innovante qui conçoit et exploite des fermes urbaines en bioponie dans l’objectif d’autonomiser des villes et territoires en production de fruits et légumes tout en ayant un impact moindre sur l’environnement. Découvrez l’interview de Clément Delhomme, Chargé de relations publiques au sein de l’entreprise.

Quel est le concept de Champerché en quelques mots ?

Chez Champerché, nous avons l’ambition d’assurer l’autonomie alimentaire, partout dans le monde, à échelle locale, avec le plus faible impact environnemental possible et des prix accessibles à tous. Pour cela, nous développons des fermes urbaines bioponiques où nous cultivons en continu des fruits, légumes, aromates, micro-pousses et fleurs comestibles certifiés sans OGM ni produit phytosanitaire. Après un premier prototype de 42m2 en sous-sol à Paris, nous avons construit notre première ferme en 2020 dans un ancien parking réaménagé de 1300m2, à Sartrouville, dans les Yvelines.

Comment est née l’idée du projet ?

Champerché a été fondée par trois frères, Antoine, Guillaume et Julien Fuyet, qui ont ensuite rassemblé autour d’eux des amis qui sont devenus associés.
L’idée du projet a germé au retour d’un voyage en Asie où ils ont été témoins de la réalité des pénuries alimentaires et ont pris conscience du fort impact environnemental de l’agriculture sur l’environnement. Ils ont alors réfléchi à une solution qui pourrait permettre au plus grand nombre d’avoir accès à une nourriture saine produite de façon la plus durable possible.

Quelles sont les caractéristiques de la bioponie ?

La bioponie est une technique agricole qui allie culture hors sol, permaculture et hydroponie. Nous avons fait le choix d’une culture biologique, avec des engrais 100% organiques et naturels, pour sauver la biodiversité. Nous favorisons la pollinisation naturelle et luttons contre les parasites grâces aux insectes.  
Ce modèle d’agriculture verticale permet également d’atteindre une productivité bien plus importante au mètre carré que l’agriculture traditionnelle de plein champ, avec un impact environnemental qui est moindre. Nous utilisons par exemple 90% d’eau en moins que les cultures classiques grâce à notre circuit fermé.

Comment vous positionnez-vous par rapport aux autres acteurs d’agriculture urbaine à Paris ?

Notre modèle agricole est la première différenciation car nous sommes finalement très peu à travailler en bioponie.
D’autre part, même si nous avons cultivé en premier lieu des herbes aromatiques pour assurer la rentabilité du projet, nous avons la volonté de proposer, à terme, une offre très diversifiée de produits et nous expérimentons en permanence de nouvelles variétés.
Pour renforcer notre ancrage local, nous avons aussi créé des emplois réservés aux habitants du quartier. Nous avons ainsi 5 collaborateurs en CDI qui habitent à quelques mètres de leur lieu de travail.
Enfin, une de nos grandes forces est de réussir à réhabiliter des espaces intérieurs inutilisés, tels que des caves ou des parkings, pour produire, au cœur des villes, des fruits et légumes de manière biologique.

Quelle est votre stratégie de distribution ?

Nous distribuons nos produits en vrac principalement auprès de restaurateurs franciliens, de grandes et moyennes surfaces et de plateformes de vente en ligne pour les particuliers.
La livraison se fait uniquement dans un rayon de 30 kilomètres autour de nos fermes urbaines et en véhicules électriques, afin de garantir un circuit ultra court et limiter la pollution liée au transport. 

Quelles sont les prochaines étapes pour Champerché ?

Nous nous apprêtons à boucler une seconde levée de fonds dans l’objectif d’ouvrir 5 nouvelles fermes en Ile-de-France ayant une surface comprise entre 3000 et 10 000m2.
Nous avons ensuite d’autres sous-enjeux comme le récent lancement d’une gamme de produits transformés que nous commercialisons dans des conserves en verre sur la plateforme La Ruche qui dit Oui. Nous proposons différents pestos et houmous, réalisés à partir des légumes et aromates que nous cultivons, et nous aurons bientôt des chutneys et sauces au piment. Nous avons aussi développé une gamme de fleurs comestibles, comme des bleuets, des œillets d’Inde ou de la violette, que nous vendons majoritairement à des restaurateurs et nous travaillons sur la conception d’un meuble à destination de la grande distribution pour proposer nos herbes aromatiques en vrac sans que la qualité soit altérée.
Enfin, nous recherchons activement de nouveaux terrains à réhabiliter pour y implanter notre solution agricole !

Quelles sont les plus grandes difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de votre projet ?

La principale difficulté dans le secteur de l’agriculture urbaine en France est l’absence de régime juridique propre. Nos solutions sont considérées comme des champs classiques pour l’État et nous devons donc batailler contre des normes qui ne sont pas forcément mauvaises mais qui ne sont tout simplement pas adaptées.
Par ailleurs, pour assurer le développement de notre entreprise tout en respectant les valeurs sociales et environnementales que nous défendons, nous faisons régulièrement face à des arbitrages complexes, concernant nos packagings, la conception de nos fermes ou encore les intrants organiques que nous utilisons.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Les deux meilleurs conseils selon moi sont de ne pas craindre d’aller là où personne n’est allé et de cultiver les valeurs de son entreprise au maximum.
Ensuite, de manière plus pragmatique, je dirais qu’il ne faut pas hésiter à prendre son temps avant de prendre une décision, notamment concernant ses choix d’investissement. 

Mettez-vous en place des ateliers pédagogiques, des visites de votre ferme ou autres actions de sensibilisation ?

C’est justement une spécificité du régime juridique dont je parlais précédemment : si les fermes urbaines pédagogiques peuvent recevoir du grand public ce n’est pas le cas des fermes urbaines dites productives dont nous faisons partie. Nous accueillons donc seulement des visites professionnelles d’investisseurs, de futurs clients ou de la presse.

Quelle est votre vision du secteur de l’agriculture urbaine et celui de l’industrie alimentaire de manière plus générale ?

Le secteur de l’agriculture urbaine est en plein bouleversement. Nous sommes dans une phase où l’explosion de nouvelles entreprises est encore en cours, mais il y a déjà des « champions » qui se dégagent comme Infarm ou Aerofarm. Si la France est un peu en retard, d’autres pays sont très moteurs comme les États-Unis, les Pays-Bas, Israël ou l’Allemagne. Cette sélection des meilleures entreprises va se poursuivre dans les 5 prochaines années, à partir de critères différents selon les zones géographiques. En France, je pense qu’il va y avoir un vrai développement de solutions qui permettent la production de fruits, légumes et aromates avec de très bonnes qualités gustatives, olfactives mais aussi visuelles et nutritives. Nous avons la chance de vivre dans un pays avec une agriculture d’exception et une culture du bien manger, et cela se traduira selon moi dans l’agriculture urbaine !
Concernant le secteur agroalimentaire, je pense que nous allons nous diriger vers un mix-agricole, en tout cas c’est ce que nous prônons chez Champerché. Nous ne voulons pas concurrencer les agriculteurs locaux mais produire ce qui n’est pas disponible sur un territoire et limiter les importations. L’objectif est de construire une force productive commune pour autonomiser les villes ou territoires carencés. Cette résilience alimentaire est essentielle et nous nous en rendons d’autant plus compte aujourd’hui avec la crise en Ukraine. Il est vraiment important de relocaliser la production et limiter les intermédiaires. C’est la vision que nous portons et j’espère que nous l’atteindrons car c’est la meilleure chose à faire pour préserver notre planète !

 

Si vous étiez un plat, quel serait-il ?

Nous avons un plat emblématique chez Champerché : les pâtes au pesto, avec le basilic cultivé dans notre ferme urbaine bien sûr !

Si vous étiez un ustensile de cuisine, quel serait-il ?

Un couteau-suisse car c’est un ustensile très pratique et polyvalent.

Si vous étiez un condiment, quel serait-il ?

Le piment habanero, qui est un piment petit mais très puissant en termes de goût. Il est assez représentatif de Champerché car nous sommes une petite entreprise, certes, mais nous avons de grandes ambitions et pris la responsabilité de répondre aux enjeux majeurs du secteur de toutes nos forces.

Quelle est votre madeleine de Proust ?

Par rapport à l’histoire de l’entreprise, je dirais les nouilles minutes. Ces nouilles asiatiques instantanées – qui, sans se mentir, n’ont aucun intérêt gustatif – représentent bien les moments de galère que nous avons eus au cours des premières années. Dès que j’en aperçois dans des épiceries cela me fait penser aux débuts de Champerché !

Auriez-vous un livre, un documentaire, un podcast ou un média à nous conseiller autour de l’alimentation ?

Je vous conseille L’hydroponie pour tous de William Texier. C’est un livre de référence sur la culture hors sol et la première bible de Champerché !

Auriez-vous un bon plan food à nous conseiller à Paris ou en région parisienne ?

Je vous recommande deux très bons restaurants dans le 15e arrondissement (qui sont d’ailleurs aussi nos premiers clients) : Mangeaver (32 Boulevard Pasteur) et Mille Grazie (36 Bd Pasteur).

Retrouvez toutes les adresses sur la carte Mapstr de Smart Food Paris !

 

 

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