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Les clés pour se développer à l’international : entreprendre au Québec

Les startups françaises sont de plus en plus nombreuses à souhaiter développer leurs solutions à l’international. Ces jeunes pousses privilégient souvent des marchés matures, proches culturellement et déjà structurés offrant la possibilité de toucher un vivier important de consommateurs potentiels. Le Québec est un territoire source de nombreuses opportunités pour les jeunes entreprises françaises, où la barrière de la langue n’est pas un obstacle à l’entrée et le tissu entrepreneurial déjà très dynamique.

 

Pour un entrepreneur, le choix du pays dans lequel il souhaite s’exporter est une étape cruciale du processus de développement à l’international. Les startups privilégient souvent des marchés bien structurés comme celui des Etats-Unis qui offre une porte d’entrée sur un marché conséquent. Un autre marché nord-américain attire également les jeunes pousses françaises, celui du Canada. Que ce soit pour la qualité de l’environnement de travail ou les sources de financement, de plus en plus de startups de l’Hexagone souhaitent s’y implanter. Découvrez les conseils de cinq experts pour bien préparer son internationalisation au Québec.

S’informer des opportunités sur place pour choisir la destination

Depuis plusieurs décennies, le Canada est connu pour être le pays qui séduit le plus grand nombre de demandeurs d’emploi et d’étudiants. Ces nouveaux arrivants sont directement soutenus par l’Etat dans la création de petites entreprises notamment à travers le dispositif de Visa pour démarrage d’entreprise. Depuis 2013, le gouvernement a lancé cette initiative pour attirer les entrepreneurs immigrants des secteurs technologiques et ainsi, faire une place aux porteurs de projets du monde entier.  Le pays encourage aussi fortement l’entrepreneuriat international en facilitant l’accès aux financements et à l’accompagnement pour les entrepreneurs étrangers. Le Québec semble être une alternative pour ceux qui souhaitent se lancer au Canada, sans se heurter à la barrière de la langue et en bénéficiant des avantages du marché américain. Ces dernières années, les accords entre la région et la France ont été multipliés pour convaincre et faciliter l’arrivée de jeunes porteurs de projets français sur place.

Nathalie Narboni-Isal, Responsable promotion programme entrepreneurs et partenariats au Ministère de l’immigration du Québec en France a introduit les opportunités entrepreneuriales du Québec à l’occasion de la table-ronde « Les clés pour se développer à l’international : entreprendre au Québec » au Hacking de l’Hôtel de Ville, le 6 mars à Paris. Nathalie Narboni-Isal explique notamment que la notion de proximité est l’un des piliers de l’écosystème de l’innovation québécois. « Il y a 8,6 millions d’habitants au Québec, si vous participez une fois par semaine au réseautage, au bout d’un mois, on vous appellera par votre prénom ! ».

Entreprendre sur ce marché nord-américain nécessite de s’informer et de s’imprégner du tissu entrepreneurial sur place, déjà très développé. « Il existe de nombreuses offres de services et d’accompagnements proposés par des incubateurs, des accélérateurs, des écoles et universités ou encore des réseaux de recherche » explique Nathalie Narboni-Isal. Tous ces acteurs œuvrent à créer une unité au sein de l’écosystème pour favoriser l’arrivée de projets français. Plusieurs initiatives ont vu le jour afin de motiver les porteurs de projets à se lancer comme par exemple le Festival International des startups qui a lieu tous les étés depuis 2011 à Montréal et met en lumière l’entrepreneuriat avec plus de 2 500 participants locaux et internationaux.

Retrouvez les fiches pays Canada de Business France pour un premier degré de réponses à vos questions sur les dispositifs de financement, le coût de la vie, les taxes : https://www.businessfrance.fr/fiche-pays-canada

S’appuyer sur des relais en France pour être accompagner pendant le processus

Une fois la destination validée, les entrepreneurs peuvent compter sur des relais dans leur pays d’origine pour lancer leur projet de développement à l’international. En effet, en réponse à cette nécessité pour les startups de s’internationaliser, les structures d’accompagnement en France ont commencé depuis plusieurs années à tisser petit à petit leur réseau à l’international. Après un premier travail pour déterminer avec leurs startups les territoires les plus demandés, ces structures nouent des partenariats avec d’autres structures dans les pays concernés ou proposent parfois leur propre programme d’accélération à l’étranger. Paris&Co travaille notamment conjointement avec le MTLab, le premier et le seul incubateur spécialisé en tourisme en Amérique du Nord, pour favoriser la collaboration entre les startups québécoises et françaises et faciliter le développement des startups tricolores au Québec.

D’autres structures françaises comme Business France accompagnent les entreprises françaises à l’international et les entreprises étrangères dans leur investissement en France. Business France a déjà accompagné plus de 800 startups dans leur déploiement à l’étranger depuis 2014 et propose différents programmes adaptés aux jeunes entreprises selon leur stade de maturité pour s’internationaliser. Les startups early-stages peuvent notamment bénéficier de l’aide de Business France pour leur donner de la visibilité sur les événements phares de la Tech à l’international. Les startups plus matures peuvent solliciter Business France pour un accompagnement individuel afin de générer des opportunités commerciales concrètes et d’assimiler les méthodes locales de business. » Thomas Vial, Directeur du département Conseil Accélération Startups chez Business France, rappelle également que le Québec reste éloigné géographiquement et qu’un déploiement sur place nécessite des financements solides. Les structures françaises peuvent faciliter la mise en relation avec des partenaires et des investisseurs locaux.

La barrière culturelle reste encore un véritable frein pour bon nombre de jeunes entreprises françaises. Le choix du Québec permet de passer outre la barrière linguistique et de découvrir les méthodes de travail anglo-saxonnes dans une région ou le savoir-faire français est très reconnu et apprécié. Nathalie Narboni-Isal insiste sur le fait que bien que l’on parle le français au Québec, les modes de consommation et méthodes de travail ne sont pas tout à fait les mêmes. Abdoulaye Samba, fondateur de Gigz, une jeune entreprise française qui a réussi son implantation au Québec, reconnait également que les méthodes de travail sont différentes : « Je salue le pragmatisme québécois. On va tout de suite à l’essentiel. Lorsque l’on sortait de rendez-vous, on nous demandait ce que nous avions appris, quelles étaient les actions à entreprendre ensuite. On a tout de suite le go ou no-go. En France, c’est différent, on ne te dit jamais non, jamais oui ». 

Nouer des partenariats pour surmonter la barrière culturelle

En choisissant le Canada, les startups françaises viennent souvent chercher une adéquation au marché lié à la barrière culturelle perçue comme moins difficile à surmonter que pour d’autres territoires. Cependant, de nombreux entrepreneurs insistent sur le fait qu’il est crucial de nouer des partenariats avec des structures préexistantes pour éviter certains obstacles culturels. « Au niveau culturel, c’est compliqué. Nous avons d’ailleurs choisi de faire appel à une entreprise québécoise sur place pour la partie commerciale. En tant que français, cela semblait compliqué et ce malgré l’accueil très chaleureux que j’ai reçu » explique Abdoulaye Samba. D’origine franco-sénégalaise, ce jeune porteur de projet a bénéficié de l’aide financière de l’Office franco-québécoise pour implanter sa solution au Québec. Gigz facilite l’analyse du comportement d’achat des consommateurs et prospects pour aider les entreprises a déployé des campagnes publicitaires digitales ultraciblées et ainsi augmenter leurs taux de conversion. Thomas Vial ajoute qu’il ne faut, en effet, pas hésiter à recruter des talents directement sur place pour faciliter son insertion sur le marché « Je vous invite à visiter la plateforme de services Team France Export, un programme complet pour un accompagnement afin d’adapter sa stratégie internationale et notamment la structuration de son équipe ».

Martin Lessard, directeur général du MTLab, insiste sur le fait qu’il est primordial d’échanger avec des entrepreneurs étrangers ayant réussi leur déploiement sur les difficultés qu’ils ont pu rencontrer lors de leur internationalisation. L’apprentissage entre pairs est une méthode très largement utilisé au MTLab pour faciliter l’arrivée de porteurs de projets étrangers. Cette étape clé pour réussir à déployer sa solution à l’étranger favorise la collaboration entre entrepreneur et favorise le développement constant du tissu entrepreneurial québécois.

 

Pour en savoir plus sur : 

MTLab

Hacking de l'Hôtel de Ville