Aller au contenu

Publié le :

Les lumières braquées sur le football féminin. Et maintenant ?

#Décryptage #Bonnes Pratiques

Un an après l’équipe de France masculine, c’était aux filles de rentrer dans le stade. Et pas n’importe où : chez elles, pour la première fois. Même si le parcours de l’équipe de Corinne Diacre s’est terminé en quart de finale contre l’équipe victorieuse de la compétition, l’héritage vertueux en termes de pratique et de développement pour le football féminin français semble indéniable. Mais encore faut-il s’appuyer sur l’existant et les innovations de service pour pérenniser cet héritage.

Depuis 2011, le développement de la pratique féminine du football est en cours, entamé notamment par le plan de féminisation de la FF Football. Les premiers effets sont là, puisqu’entre 2010 et 2017, les licences féminines sont passées de 3% à presque 8% du total des licenciés. Cette tendance s’est accentuée à la suite du sacre des Bleus en 2018 où le nombre de licenciées féminine avait augmenté de 15% sur l’année. Indépendamment de coups de communication, l’impact du haut niveau est réel sur l’intérêt des jeunes filles pour le football. Avec l’organisation de la Coupe du monde féminine en 2019 en France, il apparaît très probable que le nombre de licenciées dans les clubs sera une nouvelle fois à la hausse dans la mesure où la mobilisation a été forte pour rendre visible la compétition et ses protagonistes. Mais néanmoins nous distinguons quelques enjeux clés à court termes pour éviter une éventuelle chute d’intérêt comme l’a connu l’Allemagne suite à l’organisation de la Coupe du Monde chez elle en 2011.

 

1.      Un accès à l’information fondamental pour orienter la pratique vers les femmes et les jeunes filles

Où se situent les lieux de pratique de football féminin en France ? Quels clubs disposent d’une section féminine et à partir de quel âge ? Le changement des mentalités et la mise en place de bonnes pratiques peuvent constituer une clé de voute pour le développement de la pratique. C’est par exemple l’initiative « Temps additionn’ELLES » au sein de la plateforme IDEE de la Ville de Paris, avec la participation du Tremplin.

Cette initiative pour le football féminin a notamment vu émerger le projet de création d’une cartographie digitale qui rassemblerait les lieux, horaires, types de pratique pour les filles. Cette plateforme a été développée et conçue comme le point d’entrée de toutes les parisiennes qui souhaiteraient pratiquer, des débutantes aux confirmées. Des dispositifs ont déjà pris à l’étranger pour améliorer l’accessibilité aux clubs comme au Pays de Galles qui dispose d’un outil répertoriant les clubs avec une section féminine, mis en place par FAW Trust, une fondation engagée dans le développement du football gallois. En France, Krank Club a pour ambition de développer la pratique féminine. Plateforme qui permet de trouver des partenaires de jeu issus des mêmes réseaux et de mêmes niveaux, elle recense aujourd’hui 3 à 4 matchs mixtes par semaine. Samedi 6 juillet, en partenariat avec Alké, elle a d’ailleurs organisé un tournoi gratuit.

 

2.      Une détection et un accompagnement des talents facilités grâce à l’innovation

Rapinoe, Morgan, Lavelle, Marta, Sinclair, Martens sont les stars de ce football féminin et on toutes un point commun. Elles sont connues non seulement pour les valeurs qu’elles peuvent porter et diffuser mais aussi et surtout pour leur talent. Elles sont les idoles de nombreuses jeunes filles, elles prouvent à chaque match que le football féminin peut-être technique, procurer de l’émotion et qu’il est possible de gagner tout en produisant du beau spectacle.

L’Olympique Lyonnais a pris ce pari et investit depuis de nombreuses années dans le foot féminin, notamment dans leur centre de formations et les résultats se font sentir : 4 titres de championnes d’Europe d’affilés depuis 2016 et de grands noms ont figuré dans leurs rangs. Le club noue aujourd’hui des partenariats majeurs comme avec Mastercard, Arkéma dans le naming de la D1 féminine. Ces investissements poussent aujourd’hui à un intérêt et une exposition croissante envers le football professionnel. MyCoach, application qui permet de gérer et d'organiser le quotidien d’une équipe de foot, recense près de 10% d’équipes féminines sélectionnées par les coachs utilisateurs de l’outil « My Coach by FFF ». Et les femmes investissent non seulement le terrain mais l’encadrement et les staffs des équipes. L’encadrement dans le foot féminin est mis en exergue par la promotion de Stéphanie Frappart qui officiera en Ligue1 la saison prochaine, une première, témoin de la montée de la place de la femme dans l’encadrement. Le processus de recrutement doit pouvoir s’appuyer sur des solutions innovantes développées par des startups pour palier une carence de dispositifs. Contrairement aux Etats-Unis, où le système de détection féminine est basé sur le maillage universitaire, on pourrait imaginer pour la France l’utilisation de Footbar qui, grâce à son capteur de données, puisse servir aux recruteurs et clubs en leur fournissant des statistiques utiles pour dénicher les talents. Tonsser pourrait également servir à la détection de talents, en donnant la possibilité aux joueuses de tout niveau, toute catégorie d’âge, de rentrer régulièrement leurs statistiques, de suivre leurs évolutions, de se noter entre elles, et pourquoi pas être détectée ou pouvoir jouer dans un niveau plus élevé qui correspondrait à ses performances. Tonsser souhaite d’abord consolider le vivier pour élever le niveau global de pratique et permettre ainsi aux plus bosseuses et talentueuses d’évoluer pour peut-être nourrir demain le haut niveau.

 

Il existe à date d’autres innovations, liées à l’équipement telles que Nettie ou Alké par exemple. Ce sont des dispositifs de sensibilisation pour favoriser la mixité et l’égalité dès le plus jeune âge, à l’école.

La FF Football et le Comité d’Organisation Local souhaitent faire de cette Coupe du Monde Féminine 2019 un véritable levier de développement du football féminin en France. Les astres sont aujourd’hui alignés en matière d’engouement à l’issue d’une compétition réussie et des acteurs identifiés capables de pérenniser l’héritage par des solutions innovantes. Il n’y a plus qu’à.

 

Ny-Aïna RAMANGASALAMA, Constant CAPRON, Vincent CHOTEL

Partager sur :

Lire aussi #Décryptage, #Bonnes Pratiques

La réalité virtuelle, soutien de la vie quotidienne

propulsé par Paris&Co

Zoom sur deux startups de la réalité virtuelle, Aurizone et UWTI, rencontrées lors du Hacking de l’Hôtel de Ville le 21 mars : l'une voit dans cette technologie une façon de modifier les manières dont nous communiquons et interagissons les uns avec les autres, la seconde met en évidence le potentiel de l’entraînement mental qu’offre l’environnement de la réalité virtuelle.